Les producteurs du Commerce équitable
Le commerce équitable bénéficie à 1.5 millions de producteurs dans le monde qui peuvent être grossièrement classés en artisans professionnels et qualifiés, paysans organisés (par exemple producteurs de cacao en Bolivie ou ouvriers dans des plantations de thé en Inde) et enfin artisans très pauvres, marginalisés socialement, souvent socialisés grâce à l’appui des ONG (par exemple, au Népal, 800 artisans travaillent pour l’ONG ACP).
L’enjeu spécifique de l’artisanat
Artisans du Monde, parlant de ses partenaires du sud, classe les producteurs d’artisanat parmi les communautés les plus marginalisées et les plus dépendantes de la filière commerce équitable. Ils sont presque entièrement dépendants de la vente à l’exportation. L’activité artisanale leur est pour eux l’unique source de revenus, permettant à certaines familles d’échapper à l’exode rural. Les militants d’Artisans du Monde associent dans leur vision de leur mouvement une action concrète en faveur du développement des communautés des pays pauvres, et la valorisation de la culture et des savoir-faire de ces communautés. Et ils justifient leur mode de distribution dans les boutiques en notant que le volume de production des communautés avec lesquelles ils travaillent est inférieur au seuil à partir duquel les grandes et moyennes surfaces acceptent de travailler.
Les femmes et le commerce équitable
Toujours selon Artisans du Monde, près de 80% des producteurs partenaires du commerce équitable seraient des femmes. Ces dernières, bien qu’exerçant une activité artisanale, se distinguent pourtant des artisans professionnels. Les chiliennes de la Fondation Solidarité ne savaient pas fabriquer d’arpilleras en 1973, les artisanes de Ramahaleo à Madagascar ne savaient pas couper ni confectionner. Pour certaines d’entre elles, majoritairement les femmes seules avec enfants, le commerce équitable est leur seul revenu possible en dehors de la mendicité.
Productions du commerce équitable
Promotion du commerce équitable (textiles) à Saint-Louis du Sénégal
À l’origine, les boutiques de commerce équitable touchaient essentiellement à l’artisanat et au textile. Puis la gamme de produit s’est peu à peu diversifiée. Outre les textiles et l’artisanat, au début du XXI siècle, de nombreux autres produits, généralement de l’alimentation, font aujourd’hui l’objet d’un commerce équitable. Le café est devenu le produit équitable le plus vendu. L’habillement, notamment de coton fait l’objet de nouvelles formes d’échange. La mise en place d’une “garantie” équitable pour le coton, par Max Havelaar, en avril 2005, a contribué à la mise en place de produits de mode issus du commerce équitable. D’autres initiatives, indépendantes de la marque, ont également vu le jour dans la mode. Parmi les pionniers de la mode équitable se trouvent les vêtements Ideo ou encore les baskets Veja.
Sans oublier l’entreprise Suisse créée en 1981, SWITCHER, qui distribue une large gamme de vêtements éthiques en offrant la transparence sur toutes les étapes de la fabrication. Cette traçabilité est consultable en ligne par tous sur le site http://www.respect-inside.org qui permet également de visualiser les labels et certifications obtenues, ainsi que les rapports d’audit. “Respect Inside” est un label de comportement d’entreprise.
Les engagements sociaux de ces nouvelles marques, souvent associés à des préoccupations environnementales fortes concernent la production des matières premières, leur transformation (filage, tissage) et leur assemblage.
Des gammes de cosmétiques équitables ont également vu le jour. Souvent biologiques et associées à une démarche de respect de l’environnement, certaines d’entre elles ont fondé leur principe sur la valorisation des savoir-faire traditionnels liés aux plantes et à la pharmacopée ancestrale. C’est le cas de Forest People ou encore Guayapi qui proposent des produits directement issus de ces recettes traditionnelles (Amazonie, Sri Lanka, Madagascar, Maroc, Burkina Faso…). Les objectifs revendiqués par ces associations sont toujours de valoriser et pérenniser des savoir-faire traditionnels, de maintenir ouverts des ateliers familiaux tout en favorisant la biodiversitéet et en luttant contre la déforestation.
