Annuaire de professionnels

Recherche

Newsletter

Publicité

Historique


Les précurseurs


Aux États-Unis, dans le courant des années 1940, le mouvement religieux protestant des Mennonites met sur pied un commerce de denrées produites dans les régions pauvres et distribuées à travers son réseau. On donnera plus tard le nom de Ten Thousands Villages (Dix mille villages) à cette organisation. En 1949, l’association chrétienne SERRV, issue de l’Église de Brethren, s’occupe de réfugiés dans les zones sinistrées de l’Europe. Pour aider les réfugiés, elle importe des coucous en bois d’Allemagne au Maryland…

Les Boutiques du Monde

Artisanat et produits équitables vendus dans une boutique du monde italienne


À la fin des années cinquante, Leslie Kirkley, directrice d’OXFAM, une organisation humanitaire créée en Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre, est en mission à Hong-Kong pour un programme d’aide aux réfugiés originaires de Chine continentale. Elle aperçoit des réfugiées chinoises confectionnant des pelotes à épingle. Kirkley a alors l’idée d’en remplir une valise et de les vendre dans les boutiques d’OXFAM. À partir de cette date l’importation et la vente de produits artisanaux devient une pratique systématique de OXFAM, qui crée en 1964 la première organisation de commerce alternatif Alternative Trade Organizations (ATO).

La même année, la CNUCED lance l’idée Trade, not Aid! (le commerce, pas l’aide), popularisant ainsi le concept de commerce équitable.

Aux Pays-Bas, l’association caritative Steun Onderontwikkelde Streken (SOS) est créée en 1959, mais il faut attendre 1969 pour voir s’ouvrir la première “boutique du monde” aux Pays-Bas. Elle a un grand succès et de nombreuses boutiques similaires, qui vendent des produits artisanaux, s’ouvrent au Benelux. En Allemagne, le mouvement Aktion Dritte Welt Handel est fondé en 1970 dans la mouvance des mouvements de jeunesse chrétiens.

En France, le mouvement Artisans du Monde émergeant à partir de 1973 de la mouvance des Compagnons d’Emmaüs de l’Abbé Pierre crée de la même façon des boutiques où des bénévoles vendent des produits artisanaux en provenance du Tiers-monde. L’association se détache rapidement de la sphère Emmaüs et s’implique dans un militantisme tiers-mondiste.

En Belgique, deux associations néerlandophone Oxfam-Werldwinkels et francophone Oxfam-Magasins du Monde voient le jour autour de 1976. Elles sont issues d’Oxfam-Belgique très active dans les années 1960 dans le soutien aux mouvements de décolonisation. Les débuts commerciaux sont nés de cette volonté de soutenir les luttes de libération. Si les boutiques belges vendent du café de Tanzanie, ce n’est pas spécialement pour aider les petits producteurs, mais pour porter le projet socialiste du président Julius Nyerere. De même pour le café du Nicaragua, destiné à soutenir les sandinistes.

En 1994, 15 associations nationales de 13 pays européens se regroupent au sein de NEWS! (Network of European World Shops). Au total, cela représente :



plus de 3 000 associations locales animées par près de 100 000 personnes (essentiellement bénévoles).

250 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisé en 1999.

400 groupements de producteurs bénéficiaires dans 50 pays du “Sud”, soit environ 800 000 familles (5 millions de personnes).


Les matières premières dans le commerce équitable


Dans les années 1980, les ATOs doivent faire face à une situation nouvelle : la nouveauté d’un certain nombre de produits des boutiques du monde commence à s’émousser, la demande sature, et certains produits artisanaux apparaissent désuets et démodés. Ce déclin amène les militants du commerce équitable à repenser leur action. À cette époque, sur le marché des matières premières agricoles, les prix s’effondrent.

Des denrées comme le thé, le café, rapidement suivis par les fruits secs, le cacao, le sucre, les jus de fruits, le riz, les épices et la noix de cajou se substituent alors à l’artisanat dans les boutiques du monde. Alors qu’en 1992, les parts relatives de l’artisanat et des denrées alimentaires sont de 80% et 20% dans le chiffre d’affaires des boutiques, en 2002, les parts sont presque inversées, l’artisanat ne représentant plus que 25.4%.

La montée des labels…et l’émergence des systèmes de garantis participatifs

Premiers labels du commerce équitable


Jusque-là, le commerce équitable est confiné à de petits espaces, celui des boutiques associatives, en Europe et dans une moindre mesure en Amérique. Le public touché est donc restreint. L’obligation d’aller dans ces boutiques pour n’acheter qu’un ou deux produits est de nature à rebuter même les plus fidèles sympathisants. Le seul moyen d’accroître la clientèle et le chiffre d’affaires du commerce équitable est de proposer les produits dans les supermarchés et hypermarchés de la grande distribution. Encore faut-il trouver un moyen de distribuer les produits en rassurant le consommateur sur leur origine et leur caractère équitable.

Une solution est trouvée en 1988 avec la création du premier label de commerce équitable, Max Havelaar, à l’initiative de deux Néerlandais, Nico Roozen et Frans Van Der Hoff et d’une association néerlandaise également, Solidaridad. Le principe de la certification indépendante permet à des produits d’être vendus en dehors des boutiques du monde, touchant par conséquent un public beaucoup plus vaste et faisant faire un grand bond au chiffre d’affaires du commerce équitable. La traçabilité des produits est assurée. Le consommateur a une garantie qu’à l’autre bout de la chaîne, le producteur y trouve son compte. Alors que les autres initiatives sont fondées sur la confiance qui règne au sein d’une filière spécifique, distincte du marché conventionnel, les labels sont fondés sur l’objectivation et la contractualisation des critères.

Les organisations de producteurs s’engagent à se structurer pour assurer une gestion transparente et démocratiquement contrôlée par leurs membres. Les producteurs doivent aussi respecter un ensemble de critères sociaux et environnementaux. Tous les maillons de la filière équitable - organisations de producteurs du Sud, importateurs, industriels - sont ainsi agréés et contrôlés.

Le label s’applique aussi à des plantations à capital privé. Des standards sociaux et environnementaux spécifiques s’y appliquent. Dans ce cas, la prime est versée à un comité paritaire réunissant employés et direction. Elle doit être utilisée au bénéfice des travailleurs ou des communautés locales.

Dans les années qui suivent, un certain nombre d’associations similaires voient le jour en Europe et en Amérique, qui proposent d’autres labels de commerce équitable qui se regroupent finalement sous la bannière de FLO (Fairtrade Labelling Organizations). En 2002, FLO lance une première certification de commerce équitable. En 2007, sous le nom « Max Havelaar Â», « Transfair Â» ou « Fairtrade Â», 20 membres de la FLO utilisent le label commun de International Fairtrade Certification Mark dans 21 pays. Il s’applique à toute une quantité de produits comme le café, le thé, le riz, les bananes, les mangues, le cacao, le coton, le sucre, le miel, les jus de fruits, les noix de cajou, les fruits frais, le quinoa, les épices, du vin, etc.

Retail Value
Chiffre d’affaires global du commerce équitable
Année Chiffre d’affaires

2006 € 1 609 000 000
2005 € 1 141 570 191
2004 € 831 523 066
2003 € 554 766 710
2002 € 300 000 000
2001 € 248 000 000
2000 € 220 000 000


Fin 2003, FLO sépare son activité de certification en créant l’entreprise FLO-Cert, cherchant ainsi à suivre la norme internationale des certificateurs ISO 65. FLO-Cert s’assure que les cahiers des charges de FLO sont bien respectés, entre autres le fait que les producteurs perçoivent bien le revenu de leurs produits. Celui-ci comprend le prix minimum garanti, qui doit couvrir les coûts d’une production durable, ainsi que le versement aux organisations certifiées d’une prime de développement qu’elles pourront utiliser pour des investissements structurels : création d’école, de centres de santé, achats de terres…

Les standards internationaux de FLO sont l’objet de concertations entre toutes les parties prenantes. Ils comportent des critères économiques, sociaux et environnementaux.

En 2007, 586 organisations de producteurs et travailleurs dans 59 pays du Sud, regroupant plus d’un million de producteurs sont concernés par le label. Les détenteurs de licence sont des importateurs et des industriels qui souscrivent aux standards internationaux du commerce équitable par un contrat qui stipule non seulement le versement du prix minimum garanti mais des relations directes et durables avec les organisations de producteurs et l’acceptation du contrôle de FLO-Cert, l’organisme de certification du label. Ils versent une redevance pour financer la certification. Suivant la norme ISO 65, c’est aussi le cas des organisations de producteurs. Un fonds de certification géré par FLO est prévu pour les organisations qui n’ont pas les moyens d’avancer ces frais.

En plus de la certification sur les produits, une autre organisation, l’IFAT (International Federation for Alternative Trade), propose une certification sur des organisations, ce qui permet à de petites structures de se revendiquer du commerce équitable. Ces petites structures peuvent ainsi offrir leur propre garantie à des produits artisanaux, généralement peu standardisés, produits en petites quantités par une multitude de petits groupes qui ne peuvent pas s’acquitter des coûts de certification.

Il est important de préciser que les labels existants ne rendent pas compte de la réalité dans son ensemble. Ainsi, le commerce équitable a un impact sur la vie de millions de producteurs qui travaillent dans le domaine de l’artisanat, mais les produits artisanaux ne sont couverts par aucun label. La raison en tient à la complexité du processus de labellisation : labeliser une production de matières premières (café, coton…) est possible car le process est standardisé, ce qui permet aux démarches de contrôle, et donc de labellisation, de l’être aussi. En matière d’artisanat, il y aurait autant de démarches de labellisation nécessaires qu’il y a de matériaux (bois, terre, aluminium…) ou de produits (jouets, déco…) existants. Il est donc difficile de définir une démarche unique, économiquement applicable (c’est à dire permettant des contrôles pour un coût acceptable pour l’importateur et/ou l’organisme labellisateur).


Le commerce équitable représente une part très marginale du commerce international. On estime que les échanges équitables bénéficient à 1,5 millions de producteurs dans le monde. Il est devenu le marché qui connaît la croissance la plus rapide au monde. L’Europe représente à elle seule près de 60% du marché du commerce équitable mondial et a enregistré en 2005 un chiffre d’affaires de 660 millions d’euros, soit + 154% en cinq ans réalisés dans 79 000 points de vente, dont 55 000 supermarchés. La Suisse et le Royaume-Uni sont en tête avec des parts de marché significatives : 47% du marché des bananes en Suisse, 5,5% du marché du Café au Royaume-Uni. Les magasins spécialisés en commerce équitable sont au nombre de 2 800 et rassemblent 100 000 bénévoles.

Selon le sondage Pèlerin-CCFD / TNS-Sofres publié le 20 avril 2006, 42% des français déclarent avoir acheté des produits « Ã©quitables Â» au cours des douze derniers mois. La croissance du secteur pour 2003/2004 à 103% (83% pour la grande distribution et 115% pour les autres acteurs) et à 38% l’augmentation du nombre de références de produits. Le chiffre d’affaire global, en France, alimentaire et non alimentaire, s’élèverait à 230 millions d’euros.

Des boutiques différentes


Depuis quelques années, certaines boutiques spécialisées se sont créées en France pour vendre des produits issus du commerce équitable. On peut également trouver des produits du commerce équitable dans les magasins bio.

En Belgique, il existait déjà les magasins du monde Oxfam tenus par des bénévoles. On peut y acheter de l’alimentaire et du très bel artisanat. Depuis peu, d’autres initiatives de commerce équitable ont vu le jour: des boutiques spécialisées et entièrement dédiées au commerce équitable: dans les vêtements, dans la déco ou dans l’alimentaire. Des boutiques en ligne également. A travers la vente, toutes oeuvres pour la sensibilisation et la promotion du commerce équitable.(Ethicstore.be, Natural Selection, Tout l’Or du Monde, Bamboo, Optimart, Satya, Vino Mundo…)

© Copyright auteur(s) de Wikipédia - Source : article Commerce équitable sur Wikipédia - Cet article est sous licence GFDL